Droits humains à géométrie variable? Retour sur la conférence de Sibylle Gioe

La conférence d’hier nous a ramenés à quelque chose de fondamental : la démocratie ne se résume pas au fait de voter. Elle repose sur trois piliers essentiels : des élections libres et régulières, un véritable État de droit et le respect des droits humains.

Un État de droit, ça veut dire quoi concrètement ?
Ça veut dire que le pouvoir est limité par la loi, que les décisions ne sont pas arbitraires et que la justice doit être respectée. Et surtout, qu’il n’y a pas de démocratie si ces droits ne sont pas garantis pour tout le monde. Si certaines personnes en sont exclues – notamment les personnes étrangères –, alors c’est l’ensemble de l’État de droit qui est fragilisé.

On voit bien que ces questions ne sont pas théoriques. En Belgique aussi, quand des décisions de justice ne sont pas appliquées, c’est un signal inquiétant. Et dans ce contexte, parler de « gouvernement des juges » est dangereux, parce que le rôle de la justice est justement de faire respecter le droit. S’opposer à l’État de droit et aux droits humains est d’ailleurs reconnu chez nous comme une position extrémiste.

Tout cela s’inscrit dans un climat où l’on sent, depuis quelques années, des tendances plus autoritaires et des tensions autour des principes d’égalité et de non-discrimination (exemple: la proposition de loi sur les visites domiciliaires).

C’est pour ça que nos espaces citoyens sont essentiels. Des lieux comme les Maisons de la Laïcité, et plus largement le secteur de l’éducation permanente, permettent de comprendre, de débattre, de s’organiser et de faire vivre concrètement les libertés politiques.

Notre rôle est donc clair : continuer à informer sur l’État de droit et les droits humains, développer l’esprit critique, relayer ces enjeux et soutenir des acteurs comme la Ligue des droits humains (action à développer?).

Parce qu’au fond, la démocratie n’est jamais acquise. Elle se construit et se défend chaque jour, collectivement.