Seconde Guerre mondiale, hommage aux oubliées
27 mai 2026
À travers le parcours de femmes souvent oubliées de la Seconde Guerre mondiale, elle met en lumière la complexité des engagements féminins : certaines ont collaboré avec les régimes autoritaires, comme Magda Goebbels, tandis que d’autres ont résisté au péril de leur vie, à l’image de Sophie Scholl créatrice du réseau de la Rose Blanche, ou encore d’Ilde Radusch.
Philippe Dejaive rappelle également l’ampleur de l’implication des femmes durant la guerre : 150 000 femmes détenues à Ravensbrück, 500 000 Allemandes engagées dans l’armée, dont une grande partie volontaire, ainsi qu’une présence féminine importante dans la résistance belge, où les femmes représentaient environ 20 % des résistantEs.
Au-delà des faits historiques, cette réflexion permet d’interroger les mécanismes idéologiques qui traversent encore nos sociétés aujourd’hui. La montée des nationalismes et des mouvements d’extrême droite s’accompagne souvent d’une vision conservatrice du rôle des femmes : valorisation de l’autorité masculine, assignation à la maternité et au foyer, limitation de leur place dans l’espace public et politique.
En donnant la parole à ces femmes oubliées, cette conférence contribue à déconstruire certaines idées reçues, notamment celle selon laquelle les femmes auraient été moins capables de résister ou de s’engager politiquement. Elle met aussi en évidence les raisons du silence qui a longtemps entouré leurs parcours : influence des maris, contexte politique de l’après-guerre, méfiance envers les engagements communistes ou encore invisibilisation du rôle des femmes dans les récits officiels.
L’éducation permanente vise précisément ce travail de mémoire, d’analyse et de transmission. Elle permet de mieux comprendre le passé pour éclairer les enjeux démocratiques, sociaux et féministes contemporains, tout en rendant hommage à celles dont l’histoire a trop souvent été effacée.